Papier de position sur le Plan d’action de l’UE contre le racisme 2020-2025

Written by ADEPT

12 novembre 2020

Papier de position sur le Plan d’action de l’UE contre le racisme 2020-2025

 

La mort brutale de George Floyd le 25 mai 2020 aux mains de la police de Minneapolis a déclenché une longue vague de protestations contre le racisme systémique dont le mouvement Black Lives Matters est le fer de lance. Les répercussions de ce meurtre se font encore sentir, notamment en Europe. Ainsi, la résolution antiraciste adoptée par le Parlement européen le 16 juin 2020 et la position ferme de la Commission européenne exprimée dans le discours de la présidente von der Leyen sur l’état de l’Union Européenne et reflétée  dans le plan d’action de l’UE contre le racisme publié le 18 septembre 2020 témoignent de cette dynamique.

Bien qu’ADEPT – la Plateforme de développement de la diaspora Afrique-Europe – estime que ce plan d’action, longtemps attendu, aurait nécessité une consultation beaucoup plus large et plus longue, nous tenons à féliciter la Commission pour ce document important dont l’exhaustivité démontrent la profondeur  et l’ampleur du racisme dans les pays européens. Nous sommes particulièrement satisfaits des propositions suivantes, qui sont essentielles pour la reconnaissance et le traitement des inégalités raciales :

  • Amélioration par les États membres de la collecte de données désagrégées par origine raciale ou ethnique
  • Élaboration et adoption de plans d’action nationaux contre le racisme par les États membres d’ici à la fin de 2022.
  • Lutte contre le racisme et la discrimination, notamment dans les domaines de l’emploi, de l’éducation, des soins de santé et du logement, grâce aux mesures politiques et au financement de la Commission Européenne.

Toutefois, ADEPT appelle la Commission et les États membres de l’UE à faire preuve de plus d’ambition et de volonté dans les domaines suivants :

Éducation

  • L’éducation a la capacité de changer la donne en matière de lutte et d’éradication du racisme. Les racines historiques du racisme – l’impérialisme, le colonialisme et l’esclavage – doivent être enseignées de manière approfondie et dans toute leur complexité pour, entre autres, lutter contre les stigmates ethniques et raciaux susceptibles d’inhiber la capacité des personnes issues d’une minorité raciale ou ethnique à atteindre le plein potentiel et qui, dans certains cas, entraînent la mort.
  • Tout aussi important, les pays de l’UE doivent être particulièrement vigilants et autocritiques pour empêcher le développement ou la perpétuation du racisme structurel au cœur des systèmes éducatifs.

Les autorités chargées du maintien de l’ordre

  • Il convient de mettre davantage l’accent sur les attitudes discriminatoires des forces de l’ordre lesquelles requièrent, d’une part, davantage de prévention, et d’autre part, des sanctions plus lourdes.

 Participation de la société civile européenne

  • Afin de garantir un haut degré de granularité, de cohérence et de responsabilité, la mise en œuvre de ce plan d’action nécessite plus que de simples dialogues avec les organisations de la société civile concernées. Il est important d’établir des partenariats multipartites solides, notamment entre la Commission européenne, les réseaux d’organisations de la diaspora et les organisations de lutte contre le racisme.

Ressources humaines des institutions de l’UE

  • Dans chaque direction générale de la Commission européenne, un ou plusieurs membres du personnel devraient être responsables de la diversité et de l’inclusion. Ces derniers devraient aussi être chargés non seulement d’assurer une meilleure représentativité du personnel, mais aussi de recueillir et de signaler les plaintes pour racisme. Des postes similaires devraient être créés au sein d’autres institutions de l’UE.
  • De même, des mesures d’une meilleure représentativité doivent être prises par la Commission et les États membres de l’UE concernant le personnel des délégations de l’UE et des ambassades des pays européens.

Nous estimons que les mesures ci-dessous devraient être étendues à l’action extérieure de l’UE :

  • Alors que les conversations sur la nécessité d’une « décolonisation » de l’aide humanitaire et de l’aide au développement font rage, la Commission européenne et les membres de l’UE devraient également ouvrir la voie à plus de diversité et d’inclusion dans ces deux types d’activités. Cela se traduirait notamment par une implication systématique des organisations de diasporas dans les milieux du développement et par un dialogue structuré entre les décideurs de haut niveau de l’UE et les réseaux d’organisations de diasporas.

Tant que des segments de la société continueront à être victimes de racisme individuel et institutionnel, la devise de l’Union européenne « Unis dans la diversité » restera lettre morte. L’Union Européenne, à travers son plan d’action contre le racisme, constitue un pas en avant qui doit se matérialiser afin de permettre la régénération d’un tissu social endommagement.

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